04 novembre 2012

Goncourt, Fémina, Flore, etc : mes paris pour les prix littéraires

Comme chaque année, la première semaine de novembre est celle des prix littéraires. Il est temps de se mouiller. Voici mes paris, issus de préférences personnelles, d’informations, de connaissance du milieu, de bruits de couloirs, et de purs… paris, donc. Qui bien sûr n’engagent que moi.

Lundi 5 novembre : Femina

 

Les nominés pour le Fémina Français sont:

Julia Deck, « Viviane Elisabeth Fauville » (Minuit)
Patrick Deville, « Peste et choléra » (Seuil)
Jérôme Ferrari, « Le sermon sur la chute de Rome » (Actes Sud)
Bruno Le Maire, « Musique absolue. Une répétition avec Carlos Kleiber » (Gallimard)
Anne Serre, « Petite table, sois mise ! » (Verdier)

Je parie sur : Patrick Deville.
Longtemps favori du Goncourt, dont des jurés me dirent très tôt que c’était leur préféré, Deville y semble depuis quinze jours « dominé » par un autre. Même au Seuil, on dit avoir abandonné tout espoir, on dit être prêt à faire la fête lundi soir…

Quatre romans sont en lice pour le Femina Etranger

Sebastian Barry, « Du côté de Canaan » (Joëlle Losfeld)
Michiel Heyns, « La dactylographe de Mr James » (Philippe Rey)
Julie Otsuka, « Certaines n’avaient jamais vu la mer » (Phébus)
Juan Gabriel Vásquez, « Le bruit des choses qui tombent » (Seuil)

Je parie sur : Julia Otsuka, avec tout de même une pièce sur Juan Gabriel Vasquez.

 

Mardi 6 novembre : le Médicis

Patrick Deville, « Peste et choléra » (Seuil)
Philippe Djian, « Oh! » (Gallimard)
Leslie Kaplan, « Millefeuille » (POL)
Emmanuelle Pireyre, « Féerie générale » (L’Olivier)
Patrick Roegiers, « Le Bonheur des Belges » (Grasset)
Abdellah Taïa, « Infidèles » (Seuil)

Je parie sur : Philippe Djian.
Si « Oh ! » n’est pas mon Djian préféré, son auteur est un écrivain fort aimé ici. D’une part. Si Gallimard a pour la première fois fait paraître un Djian à la rentrée, ce n’est pas pour finir Poulidor. D’autre part.

Pour le Médicis Etranger, cela se jouera entre :

Margaux Fragoso, « Tigre, tigre ! » (Flammarion)
António Lobo Antunes, « La Nébuleuse de l’insomnie » (Christian Bourgois)
Salman Rushdie, « Joseph Anton : une autobiographie » (Plon)
Ferdinand von Schirach, « Coupables » (Gallimard)
Juan Gabriel Vasquez, « Le Bruit des choses qui tombent » (Seuil)
Avraham B. Yehoshua, « Rétrospective » (Calmann-Lévy/Grasset)

Je parie sur : Antonio Lobo Antunes.

 

Mercredi 7 : Goncourt et Renaudot

En l’absence d’habitués comme Gallimard, ou encore d’un des mastodontes du groupe Hachette (Grasset, Lattès, Stock), le cru Goncourt 2012 semble plus indécis, qui se jouera entre

Patrick Deville « Peste et choléra » (Seuil)
Joël Dicker « La vérité sur l’affaire Harry Québert » (De Fallois)
Jérôme Ferrari « Le sermon sur la chute de Rome » (Actes Sud)
Linda Lê « Lame de fond » (Christian Bourgois)

Je parie sur : Jérôme Ferrari. Longtemps second des paris après Deville, sa cote a remonté depuis octobre. Comme par hasard, ce mois-là, il fut en visite à Paris, lui qui depuis quelques mois vit et enseigne à Abu Dabi. Au moment où le Corse était deuxième des paris, on disait qu’il n’obtiendrait pas le Prix car il est, tout de même, préférable que son lauréat soit présent pour en faire la promotion. Son retour passager en France n’est donc pas anodin, et coïncide comme par enchantement avec la baisse de la cote Deville. En outre, récompenser Ferrari, deux ans après avoir donné le Goncourt des lycéens à Mathias Enard, serait pour l’Académie Goncourt un nouveau gage d’attention envers la nouvelle génération. Dont Ferrari est un des plus éminemment brillants représentants. Jusqu’à peu (encore chez Pascale Clark, mercredi dernier), je pariais sur Deville. Cette semaine, je parie sur Ferrari.

Au même moment, dans un salon voisin du même établissement (le restaurant Drouot), Franz-Olivier Giesbert et ses jurés du Renaudot départageront :

Vassilis Alexakis, « L’enfant grec » (Stock)
Christian Authier, « Une certaine fatigue » (Stock)
Anne Berest, « Les patriarches » (Grasset)
Patrick Deville, « Peste et choléra » (Seuil)
Jean-Loup Trassard, « L’homme des haies »  (Gallimard)

Si Deville n’a pas le Goncourt, le Renaudot pourrait y voir l’occasion de légitimer sa réputation autoproclamée de « prix mauvais garçon » en le couronnant. Mais d’un autre côté, on imagine mal le Renaudot se donner à un roman ayant eu le Fémina.
Je mettrais ici deux pièces. La principale sur Anne Berest : le sujet de son roman est Renaudot-compatible, et la beauté de son auteur aussi. En outre, on sait que Frédéric Beigbeder, un des jurés, adore Anne Berest.
L’autre pièce, je la mets sur Vassili Alexakis, qui ferait un très bon Renaudot.

Jeudi 8 : le Décembre et le Flore

Après la proclamation des quatre grands prix à enjeux, il sera temps pour les prix branchés, plus typiquement parisiens. Le Décembre, remis à 13h, sera le premier. Qui se jouera entre :

Christine Angot, « Une semaine de vacances » (Flammarion)
Michaël Ferrier, « Fukushima. Récit d’un désastre » (Gallimard)
Mathieu Riboulet, « Les œuvres de miséricorde » (Verdier)

Je parie sur Christine Angot, autour de laquelle le jury semble s’être écharpé, et qui bénéficia de soutiens mordicus. Lesquels devraient donner à Christine Angot vainqueur.

Le soir venu, ce sera autour du prix de Flore, départageant :

Pit Agarmen, « La nuit a dévoré le monde » (Robert Laffont)
Aurélien Bellanger, « La théorie de l’information » (Gallimard)
Anne Berest, « Les patriarches » (Grasset)
Oscar Coop-Phane, « Zenith Hôtel » (Finitude)
Philippe Djian, « Oh… » (Gallimard)
Anne Serre, « Petite table sois mise ! » (Verdier)

Si Philippe Djian n’obtient pas le Médicis, le Flore pourrait avoir envie e le rattraper. Ce prix a donc selon moi deux favoris : Anne Berest tout d’abord, pour les raisons évoquées plus haut, et Djian. Je parierais néanmoins sur l’auteur des « Patriarches ».

Lundi 12 : le Wepler

J’avais fait connaître la liste des finalistes dès la sortie de réunion. Etant présent dans le jury, je ne peux ici me prononcer…

Mercredi 14 : l’Interallié

Nicolas d’Estienne d’Orves, « Les fidélités successives » (Albin Michel)
Joël Dicker, « La vérité sur l’affaire Harry Québert » (De Fallois)
Philippe Djian, « Oh… » (Gallimard)
Jérôme Ferrari, « Le sermon sur la chute de Rome » (Actes Sud)
Sébastien Lapaque, « La convergence des alizés » (Actes Sud)

Déjà couronné par l’Académie française jeudi, le jeune Suisse de 27 ans Joël Dicker pourrait faire coup double. Il pourrait très bien se voir attribuer le Goncourt, pour un doublé qui rappellerait celui de Jonathan Littel en 2006, et qui déjouerait mes pronostics.
Pour ma part, vu l’aura du livre depuis sa nomination sur les listes de l’automne, vu son succès, vu son histoire, et enfin eu égard à la jeunesse de l’auteur, je le vois tout à fait se voir couronner de l’Interallié.

 

Et vous, quels sont vos paris ?

 

Addendum du 5 novembre à 12h46:  Julie Otsuka et Patrick Deville viennent de se voir attribuer le Prix Fémina 2012

 

 

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